RECONNAISSANCE DE L’ETAT PALESTINIEN, ISRAËL DOS AU MUR

22 Avr

Source : lefigaro.fr en ligne le 22 avril

Mahmoud Abbas : « Israël va être isolé à l’ONU »

Par
Pierre Rousselin

Mahmoud Abbas: «Le monde sait que si le problème palestinien était résolu, de nombreux foyers de tension disparaîtraient.»

INTERVIEW – Les Palestiniens comptent sur la France pour les aider à obtenir la reconnaissance de leur État aux Nations unies au mois de septembre.

Le président de l’Autorité palestinienne a été reçu, jeudi, à l’Élysée par Nicolas Sarkozy.

LE FIGARO – Quelle est la priorité de votre visite à Paris ?

Mahmoud Abbas – Nous avons une très grande confiance dans le président Sarkozy et comptons sur ses conseils utiles et nécessaires pour faire avancer le processus de paix. Je lui ai notamment demandé d’élargir l’ordre du jour de la Conférence des donateurs, prévue en juin à Paris, pour que l’on puisse aborder aussi les questions politiques afin d’avancer dans la recherche d’une solution. Nous avons aussi abordé l’échéance du mois de septembre.

Vous comptez obtenir, en septembre, à l’Assemblée générale des Nations unies, une reconnaissance internationale de l’État palestinien, dans ses frontières de 1967. En quoi cela peut-il débloquer les négociations ?

La reconnaissance n’est pas une alternative aux négociations. Nous souhaitons reprendre les pourparlers. C’est pour cela que nous demandons au Quartet (États-Unis, UE, Russie, ONU) d’adopter la déclaration tripartite, signée par la France, la Grande-Bretagne et l’Allemagne, qui définit les termes de référence de la négociation. Notre priorité est donc de négocier, mais si cela n’est pas possible nous demanderons aux Nations unies de nous reconnaître. Nous attendons du président Barack Obama qu’il mette en œuvre la promesse qu’il avait faite en septembre dernier, de voir un État palestinien devenir membre de l’ONU à part entière.

Combien d’États sont-ils prêts à reconnaître l’État palestinien ?

Cent trente pays nous ont déjà reconnus. Certains en 1988, d’autres dernièrement. Dix pays d’Amérique latine l’ont fait et une vingtaine d’autres vont le faire prochainement. Les pays d’Europe occidentale qui ne nous ont pas reconnus en tant qu’État nous traitent comme tels et ont relevé le niveau de la délégation palestinienne à «mission». À mon arrivée à Paris, j’ai été accueilli à l’aéroport très officiellement par le ministre Xavier Bertrand. C’est un signal de la France qui montre qu’elle ne s’oppose pas à la reconnaissance de l’État palestinien. Si l’opinion publique internationale est à nos côtés, c’est parce que notre cause est juste et que nous condamnons la violence et le terrorisme. Le monde sait aussi que si le problème palestinien était résolu, de nombreux foyers de tension disparaîtraient.

L’important n’est-il pas qu’Israël reconnaisse l’État palestinien ?

C’est pour cela que nous insistons sur des négociations en vue d’un accord contractuel entre nous et Israël. S’il y a un consensus international pour nous reconnaître et si les Israéliens ne le font pas, ils seront bien seuls. Ils vont devoir faire leurs calculs avant de se retrouver dans cette position. Nous ne menaçons personne, nous voulons vivre côte à côte avec le peuple israélien. Il y a des réactions positives, chez eux, parce qu’ils veulent la paix, eux aussi. Nous leur disons qu’il faut préparer la paix pour les générations futures et que la balle est dans leur camp.

Souhaitez-vous que le président Obama fasse une proposition, présente un plan de paix, d’ici le mois de septembre ?

Oui. Il doit le faire. Les États-Unis, en tant que grande puissance, ont le devoir de faire des propositions. Ce sont eux qui peuvent convaincre Israël. Tant que les États-Unis laissent les uns et les autres faire ce qu’ils veulent, il n’y aura pas de solution.

Les élections américaines approchent. Ce n’est pas le bon moment…

Cet argument n’est pas acceptable. Tant qu’il est à la Maison-Blanche, le président doit s’occuper des affaires du monde jusqu’au dernier jour. Bill Clinton et George Bush ont tous deux travaillé jusqu’au dernier moment. Nous attendons des États-Unis qu’ils fassent quelque chose.

Benyamin Nétanyahou demande que les Palestiniens reconnaissent Israël comme l’État du peuple juif. Que lui répondez-vous ?

Nous avons reconnu Israël en 1993 avec les accords d’Oslo. S’ils veulent que nous reconnaissions leur État sous un autre nom, il faut qu’ils aillent aux Nations unies pour changer le nom d’Israël. L’Iran et la Libye l’ont déjà fait.

Le chef du gouvernement du Hamas à Gaza, Ismaël Haniyeh, vous a proposé de le rencontrer. Pourquoi cela n’a pas été possible ?

J’ai accepté et j’ai proposé de former un gouvernement de technocrates désignés par consensus qui déciderait d’élections législatives et présidentielles. Je n’ai pas eu de réponse.

Pensez-vous que l’Iran s’est opposé à l’initiative du Hamas parce qu’il ne veut pas de réconciliation palestinienne ?

Oui [en français]. Ils ont fait marche arrière. Mais nous allons persévérer.

Un accord avec le Hamas est un préalable pour des élections en Palestine ?

Oui. Si nous organisions un scrutin dans une partie des Territoires, cela voudrait dire que nous entérinons la division.

Le «printemps arabe» est-il une bonne chose pour les Palestiniens ?

Nous n’avons pas à faire de commentaires, ni positifs ni négatifs. C’est aux peuples concernés de dire ce qu’ils veulent. Les pays arabes sont occupés à autre chose, mais le moment viendra où ils adopteront les positions qui étaient les leurs vis-à-vis du soutien à la cause palestinienne.

 

La contestation peut-elle gagner Gaza, affecter le Hamas, la Cisjordanie, et affecter l’Autorité palestinienne ?

Des manifestations ont eu lieu, notamment le 15 mars. Leur slogan dénonçait les divisions palestiniennes. C’est une revendication que nous saluons. Nous sommes prêts à répondre à tous les slogans, même s’ils sont contre nous.

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